Le tanka, grand frère du haiku japonais

Après une semaine de vacances, je viens vous présenter livre, paru en Juin, qui s’intéresse à une forme de poésie typiquement japonaise : le Tanka…

Pop, tanka et sushi à Saint-Germain-des-Prés

livre nicolas grenier 2011Il est cinq heures, Paris s’éveille. À Tokyo, le soleil se couche. À Saint-Germain-des-Prés, il neige. À Akihabara, les néons s’illuminent. Carnet en main, Nicolas Grenier se promène seul avec un stylo. Parfois, au doux bras d’une femme qui se termine par « a ». Au fil du jour… et de la nuit, sans sushi ni complexe. En lettres majuscules tagguées sur un mur à l’Odéon : TANKA.

Le tanka, kézako ? C’est une forme de poésie japonaise. Médiévale. Sacrée. Impériale. Au pays de Twitter, l’internaute dispose de cent quarante caractères afin d’afficher la couleur. En tanka, il y a des règles : cinq vers pour trente et une syllabes. Plus court et populaire, le haïku, lui, est depuis longtemps installé dans les bibliothèques de France et de Navarre. À Paris, en dehors des sentiers battus, le tanka reste peu couru en ville. À Kyoto, chaque écolière connaît un tanka sur le bout des doigts. Dans les lycées parisiens, dans les cours privés, en hypokhâgne, no tanka ! Quarante ans après l’écrivain Jacques Roubaud, japonophile dans l’âme, Nicolas Grenier réactualise le tanka. Un coup de polish sur le vieux bibelot. D’un coup, le tanka devient pop. Saint-Germain-des-Prés, c’est un quartier d’histoire, à l’image de Montparnasse ou Montmartre, ce livre nous raconte de petites histoires.

C’est avec malice que le lecteur déguste, pépite par pépite, chaque délicieux tanka comme un petit chocolat noir, après le café. Dans les rues, à chaque feu vert, le recueil est une invitation à la flânerie. Ici et là, des polaroïds. Comme des flashs. Nicolas Grenier suivrait-il les traces de Machi Tawara, sa grande sœur nippone ? Oh ! Que oui ! Mais à sa façon. Toujours est-il, au cœur de la page, c’est la vie, l’amour et le temps. Dans une arrière-cour. Une mezzanine. En compagnie d’un fantôme, sous une ombrelle. Presque à Edo… Derrière un volet mi-clos. Au Bel-Ami… et mille et un détours. Au final, juste avant un dernier baiser ou une « crêpe au Nutella », mais sans yukata ni socque en bois !… Après la vie, c’est la mort, n’est-ce-pas !

Au-delà, le plus du livre, c’est qu’il se situe à la croisée de trois cultures : québécoise par l’éditeur, germanopratine par le sujet et japonaise par la forme. Au menu, trois fuseaux horaires : Montréal, Paris et Tokyo. Bref, un livre qu’on parcourt sous toutes les latitudes. Le plus fabuleux destin que l’on puisse souhaiter à ce livre, c’est de gagner par son charme discret d’autres destinations. Le lecteur attend de nouvelles pérégrinations de Nicolas Grenier avec l’impatience du joueur de pachinko !

À l’évidence, un livre qui procure le bonheur de l’œil et le plaisir en bouche. À conseiller pour la Saint-Valentin ou la fête des mères !

« Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après » aux éditions du Tanka francophone.

Préface de Jean Orizet, membre de l’académie Mallarmé. – ISBN 978-2-923829-00-5 Publication : juin 2011.

4 Responses to “Le tanka, grand frère du haiku japonais

  • Ouvrage colorée en effet. Il faut se lancer. Allons-y !

  • Caraïbéen
    3 années ago

    Oui, à tenter, le jeu en vaut la chandelle.

  • J’avoue pour ma part que le terme de tanka a vraiment piqué ma curiosité.

    Je m’intéresse tout particulièrement aux « tangkas », qui sont des peintures tibétaines bouddhistes sacrées que l’on roulait pour pouvoir les transporter facilement.

    La similitude des mots est surprenante d’autant que pour les japonais la notion du sacré semble également être présente pour ces poèmes.

    Amusant ;-)

    çà me donne envie de tenter la lecture.

  • J’avoue que je ne connaissais pas du tout. Ca à l’air particulier, mais très plaisant. A tenter.

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