La folie des Japonais pour les jeux vidéo

L’origine du jeu vidéo est assez  floue mais on peut dire que sa vraie histoire a commencé dans les années cinquante. Cependant, l’année la plus communément reconnue est l’année où le jeu « Spacewar » est sorti. C’était en 1962. Dix ans après, c’est-à-dire en 1972 « Pong », le premier jeu suffisamment accrocheur et addictif  a connu un succès retentissant dans le monde entier. Bien sûr, le jeu vidéo n’a pas été inventé avec « Pong » mais, c’est ce jeu qui a donné le feu vert de départ de la course de l’industrie vidéoludique. Cette course a connu une vitesse exponentielle jusqu’en 1983.  Après une décennie que l’on pourrait appeler d’âge d’or pour l’industrie du jeu vidéo, celle-ci a subi une crise de grande envergure. Plusieurs explications étaient avancées par les spécialistes en la matière pour expliquer l’origine celle-ci. Parmi tant d’autres, on peut noter : la saturation du marché, la surproduction et aussi la guerre des prix.

Eddie Adlum, célèbre rédacteur dans le fameux magazine professionnel « RePlay Magazine », disait que « le jeu vidéo a chuté dans un ravin le 21 juin 1982 aux environs de 16h30 ».  Par ce ravin, il veut dire la crise la plus connue de l’histoire du jeu vidéo, reconnue par les professionnels et experts en la matière par la dénomination de « krach de 1983 ».  Cette situation a favorisé sa migration au Japon où le jeu a vu s’opérer une nouvelle renaissance.

Comment le Japon devint une puissance du jeu vidéo

nintendo nes

Au Japon, c’est principalement la console en tant que produit, le hardware, qui constitue le ressort qui fait tourner l’industrie du jeu vidéo, le software.  Dans ce pays, les consoles sont très répandues et très appréciées. Ainsi, les jeux  s’arrachent sur le marché. Réciproquement, il faut disposer d’une console si on veut jouer aux différents jeux. Logiciels et consoles de jeux s’émulent donc réciproquement.

Dans les années 1970 – 80 en situation de concurrence sévère, les sous-traitants et fournisseurs unissaient leurs efforts pour améliorer sans cesse la qualité. Cela était aussi pour permettre au pays de disposer d’une production massive de semi-conducteurs répondants aux normes et spécifications requises. Le pays du soleil levant  était ainsi connu sous le nom de « nation électrique » car figurait parmi les premiers pays gros producteurs de semi-conducteurs et possède donc tout un arsenal d’infrastructures permettant de répondre sans problème aux grosses demandes. De la console au semi-conducteur, chemin est automatiquement tracé  pour que le Japon ait l’honneur d’être une puissance du jeu vidéo.

Il est vrai que l’industrie du jeu vidéo a vu le jour en Amérique, plus précisément aux États-Unis. Mais les Japonais en ont fait leur domaine de prédilection. En effet, presque toutes les grosses pointures du secteur sont issues de l’archipel nippon : Nintendo, Sony, Sega, Konami, Namco Bandaï, Capcom…. Les japonais sont passées maîtres dans tous les domaines, que ce soit celui du hardware ou du software, de la fabrication des consoles à la conception des logiciels de jeu.

La révolution Nintendo

mario luigi yoshiLe lien étroit entre  un développeur de jeu avec la société « Nation électrique », gros producteur de semi-conducteur, a entraîné la création du géant que l’on connait aujourd’hui. Cette histoire a donné le coup d’envoi pour le développement et la production de matériels pour jeu vidéo. A l’origine, Nintendo était concepteur-producteur de jouets, et  envisageait de s’orienter dans la fabrication des calculatrices de poche. A partir d’une puce pour jeu proposée par un fabricant de semi-conducteur, Nintendo développa le « jeu TV n°15 » et le « jeu TV n°6 ». Puis, en 1980,  la « Game & Watch », la première console portable  de jeu vidéo à cristaux liquides, a été lancée sur le marché. Cette console portable, basée sur le concept  « On peut jouer même dans le Shinkansen, le train à grande vitesse japonais », rencontra un formidable succès  planétaire. Elle a été conçue à partir de l’idée que la grande majorité des employés de bureau avaient l’habitude de manipuler leur calculatrice pour passer le temps.

Pour expliquer sa réussite, le créateur du « Game & Watch »  avait dit qu’il a simplement su profiter de la baisse tendancielle des coûts des technologies obsolètes pour les appliquer dans des domaines complètement différents.

  • Le succès de la « Family Computer », communément appelée « Famicom »

C’est une console stationnaire d’utilisation domestique. Pour pouvoir jouer à différentes sortes de jeu, il suffit tout simplement de procéder au changement de cassette ROM. Son éclatant succès vient du fait  qu’elle a gagné le défi « Technique de pointe et prix bas ». En son temps, c’est-à-dire en 1983, avoir plus de 50 couleurs sur un écran de 256 X 240 pixels tenait de la technologie de pointe. C’est l’époque où le hardware, les consoles, étaient de très haute technologie et à bas prix. Les profits étants accès sur sur les softwares, les logiciels. Cette politique est aussi appliquée sur la « Super Famicom », avec sa  capacité de développer des logiciels de jeux et la réputation de la marque qui ont fait exploser Nintendo.

Nintendo vs Sony : la lutte pour la suprématiejoueur de xbox

Le marché Japonais est basé sur le modèle un seul domine, les autres rament. Il y a donc une lutte sans fin  pour accéder à la place de leader. Il est mondialement connu et accepté que, avec le développement des nouvelles technologies, la destinée d’une console de jeux est d’être obsolète un jour. Il n’y a pas de perpétuel vainqueur. Ainsi, à l’issue de la guerre des consoles nouvelles générations qui a eu lieu au milieu des années 90,  la suprématie de Nintendo et la souveraineté de la « Super Famicom » sont arrivées à terme. Cette fin est caractérisée par l’évolution technologique du média CD-ROM qui permettait une capacité de stockage d’information suffisante pour donner plus de réalisme dans les jeux. Les « PlayStation (PS) » et « PS2 » de Sony,  mises en vente sur le marché, respectivement en 1994 et en l’an 2000, ont été les premières consoles de salon qui adoptèrent la technologie CD-ROM, et placèrent Sony à la tête du marché, détrônant ainsi Nintendo.

De nouvelles perspectives pour les appareils portables

La console portable « Nintendo DS », sortie en 2004, caractérisée par son double écran fonctionnel dont un tactile, a largement collaboré à l’expansion du nombre toujours important de gamers. Et ceci, de manière tout à fait originale et inédite. En effet, la Nintendo DS offre une expérience de jeu tout à fait originale par le fait de toucher et de parler avec des animaux ou une personne à l’écran. Au tout début, le jeu a été conçu pour stimuler l’imagination et l’utilisation de l’appareil portable y répond largement.

Affronter les jeux produits à l’étranger

nintendo switchDepuis quelques années, les logiciels de jeux japonais, comparés aux jeux produits par d’autres pays,  ont tendance à céder leur place et perdre de l’avance. Effectivement, les logiciels de jeux Gaijin, non produits au Japon et par des sociétés japonaises, donc provenant d’autres pays, sont généralement axés sur des répliques plus ou moins  vraies du monde et  ont recours au traitement de grandes quantités d’informations au lieu de se baser uniquement sur l’imagination. En plus, la diffusion des nouveaux matériels mobiles pour  jeux, comme les smartphones et les tablettes, ainsi que les améliorations accomplies dans le réalisme constituent de gros avantages qui accroissent le marché. Mais il ne faut pas oublier que le traitement d’une grande quantité d’informations et la production de nouvelles plateformes de plus en plus sophistiquées génèrent des dépenses de plus en plus élevées rendant ainsi la lutte pour trouver une place dans ce secteur de plus en plus serrée. De nombreux fabricants d’autres pays, particulièrement américains, ont regagné du terrain et ont même dépassé technologiquement les nippons.  Malgré cela, le jeu vidéo Japonais, usuellement basé sur l’utilisation des ressources minimums et l’exploitation de l’imagination, est loin d’être tombé déclin et  n’a pas encore dit son dernier mot. On peut prédire sans hésiter que le moment de la contre-attaque Japonaise dans le domaine du jeu vidéo est imminent.

Les jeux sur téléphone portable

Le marché japonais des jeux pour smartphones prend de plus en plus de place au niveau mondial. Ce phénomène est amplifié par la popularité grandissante de ces derniers.

  • Le jeu « Puzzle & Dragons » ou Pazudora pour les intimes. Ce jeu est sans aucun doute l’exemple le plus concret qui explique le phénomène. Il consiste à dénouer une combinaison de puzzle avec des recherches de donjons et d’élimination de monstres. Depuis sa sortie il y a trois ans, ce jeu s’est toujours classé en première place de vente sur l’App store d’Apple.
  • Le jeu « Monster Strike » ou Monsuto pour les inconditionnels. C’est un jeu de combat multi joueurs spécialement conçu pour smartphones. Les merveilles de la technologie l’ont doté d’un dispositif qui lui a conféré un énorme succès auprès des collégiens et lycéens.

Le jeu vidéo Japonais, un genre à part entière

Au Japon, on peut dire que le développement simultané des consoles de jeu et d’une culture qui permet d’aiguiser la curiosité et manette xbox pcl’imagination à partir des moyens d’expression illimités, a automatiquement conduit à la prolifération de jeux extrêmement variés. Des genres de jeux encore inconnus dans les autres pays ont poussé un peu partout au Japon. Actuellement, on peut trouver dans les jeux vidéo « Made in Japan » des jeux d’action, des jeux de rôles, et même des jeux d’amour qui consistent, dans la plupart des cas, à établir une relation avec une petite amie virtuelle. L’industrie nippone des jeux vidéo actuelle est largement réputée pour être excentrique et avec un goût très prononcé pour la transgression.

  • Le jeu « Yakuza vous offre des virées ou vous invite à fréquenter les bars à hôtesses de Tokyo ou les bars à chat, qui soit disant en passant, existent réellement sur l’archipel nippon.

En ce qui concerne les jeux de rôle et d’action, ils prônent généralement le capitalisme. On cite entre autres :

  • Le jeu « Penny-Punching Princess ». Dans ce jeu, on corrompt des monstres au lieu de les affronter. Vous pressez une touche de votre manette et le dragon affiche son prix. Si vous le payez, il ne va plus vous attaquer mais va rejoindre votre camp et votre royaume.
  • Le jeu « Wario » qui est le double mais en version plus mesquin et très mal élevé de « Mario ».

Il y a aussi, pour clôturer la liste, un genre de jeu très particulier que les Japonais appellent des « Kusoge » qui, littéralement, signifient « Jeux de merde ».

Des spécialistes de l’histoire du jeu vidéo Japonais observent que les créateurs nippons, comparés à leurs confrères occidentaux, s’offrent beaucoup trop de liberté essentiellement pour les jeux à caractère érotique. Ils attribuent cela à la différence des cultures asiatiques et  occidentales. De nombreux jeux de niche qui dérangent ou même offusquent les occidentaux sont tolérés par les japonais et toute la société japonaise. Du moment qu’ils sont cachés et consommés le plus discrètement possible, il n’y a pas de problème, c’est tolérable.

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